Rechercher

L’abandon des mutilations génitales féminines au Sénégal : un pas en avant

Dernière mise à jour : 31 août 2021

À travers le monde, 200 million de femmes vivent avec une mutilation génitale.

Selon l’OMS, les mutilations génitales féminines sont des interventions qui altèrent ou lèsent intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales et elles sont pratiquées le plus souvent sur des jeunes filles entre l'enfance et l'âge de 15 ans.

Pratiquée depuis l'époque pharaonique sur les femmes de rang social élevé, par effet d’imitation, cette pratique s’est répandue sur toute la société, par la suite en Europe et en Amérique, puis en Afrique subsaharienne.

Si beaucoup de peuples perpétuent aujourd’hui encore cette pratique, nombreux sont les organismes qui luttent contre les mutilations génitales féminines notamment en Afrique. Ce qui explique le grand pas en avant effectué par les populations de Vélingara, dans la région de Kolda, au Sénégal.

En effet, les populations de plus de 50 villages de Vélingara se sont engagées, dans une déclaration publique, à abandonner cette pratique nuisible pour la santé de la femme.


Comment l’atteinte de ce résultat a-t-elle été rendu possible ?


Il faut savoir que les populations de Vélingara pratiquaient l’excision à hauteur de 93,8%; ce qui laisse présager que l’abandon de cette pratique n’a pas été un jeu d’enfant dans cette région. En effet, cela a été possible grâce au concours de l’ONG Tostan dont la directrice a déclaré être “très heureuse, très satisfaite mais surtout très fière de ce que les communautés ont pu démontrer par cet acte public d’intention d’abandon de l’excision et du mariage d’enfants” ; mais aussi avec le soutien de partenaires tels que le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), Radio Suède, le gouvernement du Sénégal, les autorités locales.

Ainsi, le 27 juin 2021, la porte-parole des populations Kelél Ndiaye a déclaré:

“Nous prenons l’engagement solennel, en ce jour du 27 juin 2021, en toute connaissance de cause, d’abandonner définitivement les pratiques de l’excision et de mariages d’enfants au sein de nos communautés (…)”


L’évolution marquée par cette déclaration


L’approche communautaire des ONG et le travail avec les équipes locales sont des facteurs de réussites clés dans l’accompagnement des populations vers l’abandon de la pratique des Mutilations Génitales Féminines. Au Sénégal, l’ONG World Vision par exemple a beaucoup travaillé avec les communautés de la région de Kolda et Vélingara où la quasi-totalité des filles et des femmes en sont encore victimes.

Avec cette déclaration d’abandon, les populations de Vélingara rejoignent le mouvement historique lancé depuis le 31 juillet 1997 par lequel les femmes s'engagent à abandonner cette pratique nuisible, dévastatrice voire mortelle. Grâce à ce mouvement, 6909 villages du Sénégal ont renoncé définitivement à la pratique de l’excision et aux mariages d’enfants.

En effet, les populations se rendent de plus en plus compte que les mutilations génitales féminines ne présentent aucun avantage pour la santé, au contraire elles endommagent les tissus des organes génitaux et entravent le fonctionnement naturel de l’organisme féminin. De plus, l’excision est le plus souvent pratiquée par des exciseuses professionnels dans un cadre dont la salubrité est douteuse, avec des lames de rasoir ou des ciseaux non stérilisés et sans anesthésie. Cela provoque un risque élevé de contamination d’infection telle que le VIH, mais aussi de nombreux risques obstétricaux.

Le message des organismes de lutte est bien passé comme le prouve cette ancienne exciseuse qui affirme que : “nous avons été sensibilisées et nous avons compris que l’excision n’était pas une bonne chose”.


La lutte continue


Un grand pas en avant a été marqué mais il reste encore un long chemin à parcourir avant d’éradiquer totalement la pratique de l’excision au Sénégal.

Ainsi, des organismes ont mis en place des activités pour mettre aux anciennes exciseuses d’avoir d’autres sources de revenu et de rompre totalement avec ces pratiques ancestrales dévastatrices.

Aussi, une réelle campagne de sensibilisation des grands-mères est engagée car, l’excision est le domaine réservé de la grand-mère, la personne la plus influente sur la mère de l’enfant et qui a un pouvoir de décision sur la vie de l’enfant. Depuis 2009 et la mise en place d’un programme basé sur les grands-mères, les mentalités ont évolué. Ainsi, selon une enquête réalisée par Grand Mother Project, 93 % des grands-mères de la région de Kolda se sont déclarées opposées à l’excision en 2011, contre 41 % en 2008.

De plus, Sister Fa, une artiste sénégalaise résidant à Berlin, et World Vision ont conçu un programme d'ateliers créatifs, de road shows, de forums et de concerts à travers lesquels les droits de l'enfant ont été mis en scène, enseignés, appris et véhiculés! Un mélange d'art, de musique, de théâtre, de compréhension et de lobby. Les tabous culturels ont été diffusés, compris et traités avec créativité afin d'améliorer la compréhension et de promouvoir la réduction ou l'élimination de certaines pratiques violentes telles que les MGF et le mariage précoce. Depuis la création du programme en 2013, plus de 20 000 personnes ont participé à cette approche unique.


Sources:

-http://aps.sn/actualites/societe/article/velingara-ferlo-60-villages-de-l-arrondissement-abandonnent-l-excision-et-du-mariage-d-enfants

https://www.wvi.org/fr/stories/senegal/journee-internationale-de-tolerance-zero-contre-les-mutilations-genitales-feminines

-OMS

-WORLD VISION


Article écrit par Awa





4 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout